Ce samedi, "ils" s'en sont pris aux journalistes qui leur sont tombés sous la main. Sans conséquences graves, autres que pour eux-mêmes, mais le miroir est brisé, terni.

Les journalistes n'ont jamais maltraité ce mouvement pas ordinaire, apparu dans "les étranges lucarnes", un samedi de Novembre 2018, et relancé, chaque samedi, depuis.

"Ils", et "Elles", ont réussi, à occuper un temps, un espace, et les esprits des français, depuis huit mois déjà. Ils ont pesé lourdement sur la vie sociale et économique de la France urbaine. Car il y a plus à casser dans les villes, à moindre risque, que dans les campagnes, où "on" ne sait pas sur qui et comment on va tomber.

Bien qu'il ait éclaté en rase campagne, où il s'en est pris à tous ceux qui circulaient, en voiture ou en camion, c'est au coeur des villes qu' il y a plus à casser et à piller, que dans les champs et les fermes.

De semaine en semaine, ce mouvement politique particulier, qui veut imposer son propre "système", mobilise tout le pays, avec la même méthode, bloquer la vie économique des centre-villes, essentiellement commerciaux, molester les récalcitrants, détruire leurs biens. Et refuser tout dialogue constructif avec qui que ce soit, dès lors qu'il appartient au "système honni", produit par la démocratie élective.

De semaine en semaine, le mouvement s'affaiblit, ses grognards, moins nombreux, grognent et cognent plus fort. Les centre-villes sont toujours les plus fructueux, et ils s'y concentrent.

Quels seront les effets des attaques, des empêchements ciblant les journalistes des médias audio-visuels?

Pour le moment, on ne peut que rester dans le doute, car le mouvement "pense en rond", ne prend pas en compte ce qui lui est étranger. Il revendique, même, sa nouveauté, sa singularité. À ses débuts, il niait l'existence d'un monde autre que le sien, et refusait tout dialogue. Il y a maintenant des contacts, mais entre individus de ce nouveau monde, et individus de l'ancien. Il n'y a toujours pas, officiellement, en tout cas, de dialogue engageant à égalité les deux parties.

Il y a une logique dans cette méfiance des gilets jaunes à l'égard....des autres. "Ils peuvent ne pas penser comme les gilets jaunes. Particulièrement chatouilleux pour leur image, d'essence supérieure dès leur apparition. Ce qui les a empêchés pendant plusieurs semaines d'accepter tout contact avec les représentants de la société dont ils avaient décidé la disparition. Elle n'existait plus, ne pouvait plus être entendue, ne devait plus se faire entendre. Un réalisme s'est fait attendre. L'écouter est nécessairement "précaire et révocable". Qui sont-ils pour nous parler?

C'est le fond du problème! Les médias ont assumé la tâche d'interpréter leurs discours, et d'informer le public, comme ils conçoivent leur tâche. La diversité de nos médias, leur indépendance professionnelle, ont abouti à un niveau d'information tout à fait satisfaisant. Mais effectivement libre, non contrôlé par l'objet de la curiosité publique.

Comme pour beaucoup d'autres "sujets", la description des gilets jaunes et l'évaluation de leurs intentions, n'a pas été unanimement flatteuse. Ce qui veut dire "désagréable" pour certaines. Des gilets jaunes sont vexés et le font savoir à la manière forte. C'est toute la profession médiatique qui est fustigée.

La colère des "victimes" s'est traduite par des voies de fait sur les journalistes présents, leur matériel, peut-être, le sentiment qu'ils inspirent, en tout cas.

Le résultat sera-t-il de les faire taire? Sûrement non!

C'est une étape du conflit, appelé à s'apaiser, tellement la liberté, la vérité de l'information, sont enracinées dans la société d'aujourd'hui. La souffrance qu'elle peut provoquer ne peut remettre en cause la nécessité d'une information libre, et franche.

Sceptique