Pour la biologie, bien évidemment. Pour la vie d'un sujet, masculin ou féminin, combien de millions ont du s'en passer, à la suite du déni du père désigné. Par la mère.

Cette désignation, d'ailleurs, suffit à sa connaissance. Que l'intéressé s'y résigne, ou le nie farouchement.

Si ce n'est pas l'un, c'est l'autre. En tout être vivant, humain, ou non, il y a un chromosome qui vient du père, du mâle.

La spécificité de l'homme, c'est la parole, la désignation du père par la mère. Absolument sûre, ou très sûre.

Sur cent pères désignés, combien assument leur participation? Jamais cent pour cent, certainement.

S'il existe des moyens de prouver la paternité, combien acceptent de se prêter à l'examen? D'en accepter le résultat?

La révolution d'aujourd'hui est la possibilité de pratiquer une fécondation, sans l'accouplement des géniteurs. Dans une éprouvette. Il y a moins de risques d'erreur que dans un lit. Et dans un lit, l'accouplement n'est pas toujours dans l'intention de concevoir un enfant. Ce projet est même minoritaire. C'est un changement important!. L'accouplement et la procréation sont séparés.

Le projet d'enfant, distinct, doit trouver sa place spécifique. Il s'agit d'un désir, né chez l'un ou l'une , mère possible, père possible, désir commun de l'un et de l'autre. Le plus simple est l'accord des deux parties, comme depuis toujours, dira-t-on. Sauf qu'en fait, les accords étaient rarement égaux entre les deux parties.

La notion de couple a cédé la place à un contrat entre un géniteur, et une génitrice. Le contrat d'élevage en commun, qui était général, s'est compliqué de la prise en charge de l'enfant par l'un ou l'autre des géniteurs, ou par une tierce personne, sans lien biologique avec les géniteurs.

L'évolution des projets et des méthodes s'écarte franchement, non sans sans "états d'âme", qui agitent les parties prenantes. L'émotion se diffuse dans les sociétés, bousculées par ces changements imposés au nom de désirs particuliers, se présentant comme incompatibles avec l'ordre social précédent.

La réalisation du désir d'enfant s'est dégagée en grande partie de ses contraintes biologiques. Elle doit parfois faire appel à des "artefacts", inventions humaines dans un but  précis. En l'occurrence, "faire un enfant", nécessitant des gestes imprévus par la nature. Par la même occasion, les parents sont également institués artificiellement. Ils résultent d'une désignation, de paroles qui instituent la filiation et les liens familiaux qui en découlent. L'adoption en est déjà un modèle admis.

L'humanité, qui dispose de la capacité d'analyser sa vie sociale, de la relativiser, et de l'ajuster à ses désirs, a, en même temps, des réserves, un sentiment de culpabilité à prendre des libertés avec sa nature. Pendant des millénaires, les sociétés humaines se sont accommodées des carences de la nature, en nommant les solutions. Ces faits de culture ne passent pas toujours très bien, les faits de nature étant tabou. Ètat qu'il faut lever pour débloquer des situations imprévues, devant combler un manque de la nature. Chaque nécessité d' adaptation est conflictuelle. Nos sociétés souffrent à s'adapter à leurs inventions, fruits de l'intelligence humaine.

Telles qu'elles sont, les sociétés que nous désignons comme "modernes", s'adaptent, font une place aux inventions de solutions à des situations nouvelles, imprévues, concernant des sujets humains. Si des tabous, comme l'inceste, ne sont pas transgressés, aucun interdit ne peut être opposé à une situation imprévue par la tradition.

LE PÈRE EST IL INDISPENSABLE? BIOLOGIQUEMENT, IL EXISTE "QUELQUE PART". SOCIALEMENT, IL PEUT ÊTRE INCONNU, NON NOMMÉ...PAR LA MÈRE. IL FAUT, DE PLUS EN LUS SOUVENT, SE RÉSOUDRE À L'IGNORER. DE TOUTE FAÇON, IL EST ALORS ABSENT DU FOYER OÙ L'ENFANT EST ÉLEVÉ. EST-CE IRRÉMÉDIABLEMENT GRAVE? AUCUNE RÉPONSE NE PEUT ÊTRE SYSTÉMATIQUE.

ET AUCUN SUJET HUMAIN NE DOIT ÊTRE STIGMATISÉ D'ÊTRE DE PÈRE INCONNU. PLUS EXACTEMENT, DE PÈRE NON RECONNU.

SCEPTIQUE

Le point de vue traditionnel est défendu par un psychanalyste. Celui que je défends est défendu par un autre, moi-même. Je m'appuie sur l'expérience, plutôt que sur la théorie. Le psychisme humain est à la fois rigide, et....souple. Le sujet humain possède son psychisme. Il peut le contraindre. À comprendre ce qui est annoncé comme incompréhensible!